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Corneliu LEU: FALSE ETICHETE DE GENIALITATE LITERARĂ
Cultura de criză de Adrian Alui Gheorghe
MARI SCRIITORI AI UNEI GENERAŢII CE NU TREBUIE UITATĂ - Două studii de Ion Pachia Tatomirescu
PROFESORUL DE LA „SORBONA” TITUS BĂRBULESCU, O BIOGRAFIE ROMÂNEASCĂ ŞI O BIBLIOGRAFIE A LITERATURII EXILULUI ROMÂNESC Horia Stamatu ,Testamentul lui Eugen Ionesco
ZOE DUMITRESCU BUSULENGA: Insemnari la senectute
VASILE VOICULESCU ÎN ROMANELE DOCUMENTARE ALE LUI FLORENTIN POPESCU
UN POET LA DUNĂRE CU TREI SECOLE DUPĂ OVIDIU
Comorile romanesti de la Viena
Napoleon SAVESCU: CUIUL DACIC
Zamolxe din Dacia - schiţă biografică de Octavian Sărbătoare
Urme aproape româneşti în Elveţia
Viorel ROMAN : Negustorii de popoare
Constantin FROSIN prezintă în traducere franceză: POÉSIES D’ADRIAN BOTEZ
Tudor Nedelcea şi Gheorghe Pârja - DOUĂ PORTRETE DE CĂRTURARI ZUGRĂVITE DE DAN LUPESCU
Ambiţie şi performanţă la Mizil – de Lucia OLARU NENATI
Recenzii de Magdalena Albu, Al. Florin Ţene, Melania Cuc, D. Sauca, Duşsn Baiki, Ion Dumitru, referitoare la Marcu Botzan, Biblioteca română din Freiburg, Proiectul Banaticus, Nicolae Gudea, Suzana Deac, Ligza Diaconescu, Toader T. Ungureanu.
Versuri de Nicolae NICOARĂ-HORIA, Ioan LILĂ, Melania CUC, Adrian BOTEZ, George BACIU - Partea I
Partea II
Partea III
Din folclorul internetului – partea I
Partea II - Cugetările lui Mark Twain
Rege Francez din genealogia lui Stefan Cel Mare
Cugetările lui Brâncuşi
Din folclorul internetului – partea a II-a
Din folclorul internerului -partea II (b)
Cântece dăruite de Familia Aznavour
PAGINA A TREIA
LITERATURA ROMÂNĂ ÎN LIMBI STRĂINE

Constantin FROSIN prezintă în traducere franceză:

POÉSIES D’ADRIAN BOTEZ




Prologue
celui qui tourne la page
aura du sang
sur les mains

    *
Ulysse
blasphème essaimant flotte par ici – hé toi, le non éprouvé
nautonnier: là où tu vogues maintenant, noyaux germent
depuis les mondes noyés
    *
Villon
assomme – secoue: beaucoup et bon nombre – témoignent
de ton passage

personne ne sait que tu te débats par plaisir – ou par
douleur: c’est l’affaire du vent d’apprendre de quel
lambeau il va rapiécer le paradis

malgré votre écoeurement pour la langue misérable – syllabe par
syllabe me répéterez-vous
    *
Appelez les rêves au parloir
appelez les rêves au parloir et dites-leur
que moi, au plus profond de ma geôle, je me meurs

parmi ceux portant couronne d’épines, qu’ils cherchent – toujours parmi ceux à

couronne – (de) maître: qu’ils oublient
de moi – tout ce que
 je n’ai pas saigné pour rester
    *
Les mélancolies de Jean
ô Christ – au bord de la mer
j’ai attendu – depuis roches et déserts - l’appel

personne ne t’aime – ô Christ – que celui par tous quitté
et dont les eaux répugnent à répéter - dans

leur langue glissante – l’ombre par trop sombre
comme il facile à trouver celui qui par tous – et par le Christ 
fut – pour sa confiance dans sa foi – quitté
    *
je suis à présent – toute une série d’ahans de lire: l’Intègre 
est celui que – dès la gloire de ses pas perdus
point je n’intègre
    *
j’m’absentai – de partout – pour un moment:
le Seigneur a tressauté - mécontent
    *
 j’envisage de m’arracher au clappement de la matière
me revêtir de la - subtile – vibration de l’esprit

la pointe de la flèche qui vise loin au-delà de
La Porte du Soleil: je veux franchir

Sain et sauf les confins
    *
les rythmes sont des vêtements toujours plus larges – où
avec moi – s’insinue – suave – l’ambition

les esprits d’autres mondes
    *
mes plaies se referment : une seule - qui
jamais n’a saigné – est restée

pour qu’en gicle – aveuglément – l’âme
partie pour trouver les célestes – invincibles armées
    *
Méditations ramificatrices
donnez-moi un lit – un livre et de la lumière:
c’est davantage que le monde: c’est la paix
je refais les symétries – ravagées par le spleen de la plèbe
    *
me revoilà – à mi-corps
dans la mare des rayons du pic : c’est moi le roi

les animaux sauvages acquièrent – sur la peau ou
entre les cornes – la flamme de la Croix
    *
Quelque temps
les hommes vivants s’enfuirent dans les escargots – s’enfuirent
dans leurs propres esprits: on ne voit plus un
rescapé – le front haut
donc – il n’y a plus de quoi le jour se lève
    *
les seuls vents cliquètent d’un son rouillé – l’héroïque armure de
quelque parole – chemin faisant vers le tas
de fer-blanc 
    *
 Le Sculpteur
au plus fort de la nuit – les voisins s’éveillaient
à cause du bruit fait par le marteau frappant la bédane

le matin dévoilait mon visage – marmoréen d’insomnie:
sur la table – devant moi – j’apercevais
les bras merveilleusement perdus de Vénère
    *
Plainte portée à Dieu
que faire – Seigneur - de la souffrance et de la mort 
des oiseaux qui volent de nuit  juste de nuit
que faire du corps – quand son coeur s’est égoutté
que faire du jour – quand on sent que c’est le dernier ?

tu laissas – Seigneur – trop à se démener dans
le saint esprit et à
guerroyer pour le pouvoir:

la balance du monde se détériore
même toute partie du tout  quand s’élève
à la lumière: il faut un peu
de dureté et de sarclage
sinon – tu auras eu beau Seigneur peiner pour l’infini
    *
L’aube
les couples d’oiseaux ne s’en font point: ils commencent
leur vol gracieux et prématuré – qui
sera tout aussi défiant et charmant
au dernier matin venu  du monde
    *
Epitaphe
il n’a pas péri celui qui chérit
non pas la victoire – mais le combat:
chantez gloire au brave chercheur
du Graal

quand – enfin – le livre du Seigneur fut terminé
portant sur les chevaliers de l’invisible – il en manquait le mot
Sort
    *
Le livre
les lettres
s’effacent l’une l’autre: il reste – Absurde

le Livre
    *
qui écrit et qui lit ?
qui comprend - qui on mystifie ?

l’Aveugle chuchote des épopées au sourd
Dieu appelle les sages pour deviner
dans la paume de l’absurde

l’aisselle n’abrite pas d’anges  loin de là
tu parles tout le temps – pour que tu ne saignes pas



c’est là l’hôpital du crime: fauter
c’est glisser dans le délire de la rime

 
















Extraits des méditations d’un vieux forçat

j’ai trop vécu – j’ai trop peu crevé

le serpent de la caresse
se glisse hors de la grotte de mon poing

quel spectre vaniteux – prisonnier de l’amour d’un autre
monde – me demande
de la sorte de le suivre dans son propre sort ?

du vieux sang pourrit en moi
les semences de la haine jurée  ravagent
d’ores et déjà – le sillon
de l’extase étrangère

on n’est pas les ennemis du Serpent – au contraire: ses
fidèles chevaliers

page songeur de la cité céleste: Satan
rendu malade par le plomb de nos pensées
    *
le vrai homme: Jésus Christ le miséricordieux

quiconque erre - est attendu
patiemment – par le Seigneur – pour trouver

serait-ce une erreur
et trop terrible – si un jour
le Seigneur comprend et pardonne
n’importe quoi ?

la mort: punition de l’absence
de courage d’embrasser
l’oubli
    *
est-ce qu’on ne peut être sage
sinon le crâne devant soi ?

il se fait nuit – toujours – bien avant de faire jour
des étrangers viennent: je l’ai deviné
depuis toujours

j’ai mis le feu  à toutes les croix
et au Rédempteur aussi

un démon oublié et triste
me figura bien avant
de venir à l’idée de Dieu

la mélancolie sans remède: autrement
ancienne que le Seigneur

je ne saurais prier personne – sinon
moi – pour
la mort de mon corps  de tristesse

le tonneau de l’ouïe vomit dans les vagues
mon âme est malade: le crime - ininterrompu
jusqu’au Diable m’habitant  est épuisé

ne battez plus le tambour – le temps ne changera pas:
sur des eaux refermées  un tombeau – il neige
désemplissage réconcilié

depuis les étoupes célestes  - retentit l’acharnement
du Christ: depuis son visage de Christ:
des branches de foudre – c’est que s’écoulent  les traînées  
de nos crachats
    *
je me glissse – coupable – parmi les meubles lourds: mes ans
flocon blanc – la démence: elle colle à ma tempe

le sang - sans rime ni raison ayant giclé sur les murs:
discours – encore
non articulé – gauchement
dessiné

quoi que je fasse: tellement
fondamentalement erroné – que
juste le Seigneur pourrait encore y croire
*
tousse dans mon oreille
ramolli – le sort

le sublime tressaille la gale
des montres – mourant – balonnnent d’insipides millénaires

les condamnés à mort tombent - exaspérés de tant attendre
à genoux – mais l’exécution leur passe outre
car trop ennuyée

dieux se curent le nez – hurlent à l’astre de la nuit: ni de se lever
ni de se coucher – le soleil
n’a pas envie

ça sent le gibet – j’embaume le suicide

elles restent larges ouvertes – les portes
affalées: c’est ainsi
qu’on trouvera - nous autres, locataires
le monde: le GASPILLAGE ne fait qu’un tour

ni détresse de la haine – ni lacs d’amour
*
on a appris la plus facile des langues: le non amour
non pas la haine: stagnant
le non amour

je joue à la table où s’attardaient (alors, cela
semblait pour l’éternité) – les évangélistes:
à présent – quatre démons
grognent des nombres impairs – des
cartes pipées

je suis le seul au monde resté sans larmes
et sans ombre

vous tous tant que vous êtes – je vous lègue

endeuillé - l’Evangile de la sodomie
à l’endroit des ailes je fais les anges – et
à l’endroit de la queue

phanariotes et le ciel – la canaille de la dynastie
le soldat du Christ – tombé percé sous le noeud

que veux-tu que je te donne – mon frère: tout est blanc
à cause de la lèpre

de lys de vermine
mes yeux enlumine
tellement tendre – Satan
agace mon froissement

du pus
gicle des fûts – et des éclampsies
jaillissent des penderies

change d’église pour avoir où quêter – finis l’obituaire
des princes des maux  que tu te plais à regretter
viens à la porte derrière des eaux  elle est grasse l’aumône vomie
par les sombres amants des sorcières
germent sur le sable les noyaux des vers de terre    


Produs Port@Leu | ISSN 1842 - 9971