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Anul 2011 periodic nr. 1 2 | 3 | 4 | 6 | 7-8 | 9-10 |
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Prima parte: Din folclorul internetului, caricaturi de Mardale, articole de Lucian Avramescu,Sergiu Găbureac Ion Marin Almăjan citând din C.T.Popescu, Emil Bucureșteanu, Dinu C.Giurescu.
Prima parte - continuare
ÎN LOC DE CONCLUZII LA ACEASTA PRIMĂ PARTE
PARTEA II CONTINUĂM ENUMERAREA UNOR ASPECTE PRECUM CELE DE MAI SUS ŞI, ÎN ACELAŞI TIMP, ARGUMENTAREA NOASTRĂ DIN NUMĂRUL TRECUT, PRIVIND: Sfârşitul programat al democraţiei
MISTERELE BUCEGILOR Continuarea anchetei din numărul trecut Articole de Marian RIZEA şi Radu CINAMAR
MISTERELE BUCEGILOR Continuarea anchetei din numărul trecut Articole de Marian RIZEA şi Radu CINAMAR- continure
Continuare 2
ULTIMA ORĂ
VEŞNIC CRITERIU ŞI MEREU ÎNTĂRITĂ MÂNDRIE A LIMBII ROMÂNE – PROFETISMUL EMINESCIAN de ADRIAN BOTEZ
Constantin FROSIN - Eminescu în limba franceză
Poezii de Dan Mircea CIPARIU,Aricole despre: ANUL CARAGIALE, MIHNEA GHEORGHIU, DAN PURIC, EUGEN DORCESCU, PREMIUL NOBEL, PROCESUL DE LA NURNBERG,MITROPOLIA BASARABIEI, CEZAR IVĂNESCU, ELISABETA IOSIF, GRIGORE AVRAM, INIMĂ REA, LIA RUSE, AL.FLORIN ŢENE, MIRCEDA CIOBANU, GEORGE LIXANDRU scrise de:DAN MIRCEA CIPARIU, ALEXANDRU PETRIA, VLAD LEU, VIOREL ROMAN, ŞTEFAN PLUGARU, STELIAN GOMBOS, GABRIELA CREŞAN, MELANIA CUC, LIVIU ANTONESEI, IONUŢ CARAGEA, PETRU BIRĂU, AL. FLORIN ŢENE
Actualitatea cultural artistica- Partea II
Actualiteatea culturala - Partea III
„RĂNILE SOLDAŢILOR ÎNVINGĂTORI” romanul lui Corneliu LEU în ediţie definitivă
DIN FOLCLORUL INTERNETULUI- Partea I
Caricaturile lui Pătrăşcan
Partea II
Paso doble rubrica lui Ioan LILA
Politica in photoshop
DIN FOLCLORUL INTERNETULUI - PARTEA III
DIN FOLCLORUL INTERNETULUI - PARTEA IV
         Paso doble rubrica lui Ioan LILA

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JURĂMÎNTUL UNEI FEMEI
 
Îţi dăruiesc inima mea,
Născută noaptea dintr-o stea,
Ca valul ce se-ntoarce-n mare
Călare pe-o rază de soare.
 
Îţi dăruiesc un infinit,
Ca neaua, care s-a topit,
Şi se termină într-un vis
Născut şi el din Paradis.
 
Rămîne doar alt vis cu mere,
Prea nărăvite, de muiere -
Căzute-n iarbă, dulci, zemoase,
Coapte în vară între coapse,
 
Şi îţi mai dau o nouă viaţă,
Într-o grădină cu verdeaţă,
În care ne-am trezit căzuţi,
Din timpu-n care am fost rupţi !
 
 
Eu mor de sete lîngă fîntînă
            
 Eu mor de sete lîngă fîntînă
Cerul de pleoape greu îmi atîrnă
            Apa e vie, limpede, pură,
            Setea ma arde seacă în gură
 
            Da’ nu-ntind mîna să iau o cană
            Gestul în sine e o sudalmă
            E ca blestemul ce ne-a legat
            De viaţa asta grea de păcat
 
            Trec călătorii, care-şi adapă
            Caii în flăcări, avizi de apă-
            Fluturii nopţii, negri, nervoţi,
            Cad şi se-neacă, dar mor frumoşi
 
            Luna spre seară arde şi ea
            Plonjînd în apă, dulce şi grea,
            Mai trec şi păsări prin umbra zilei
            Stîrnind în mine vuietul milei
 
            Numai că mie nu îmi e milă
            Zac mort de sete ca o camilă
            Care-a purtat peste deşert
            Nisipul vieţii, sterp şi deşert
 
            Auzi cum scîrţie cumpana-n noapte
            Stelele-n apă cad cînd sînt coapte
            Iar eu de sete mor la fîntînă
            Cu ceru-n frunte şi cana-n măna
 
 
JE MEURS DE SOIF AUPRES DE LA FONTAINE
 
            Je meurs de soif auprès de la fontaine
            Le ciel accroché mes paupières lourdes
            L’eau est vive, claire, pure,
            Je brûle la soif sécheresse de la bouche
 
            “Mais ne pas étirer la mine de prendre une tasse
            Le geste lui-même est un serment
            C’est la malédiction qui nous a réunis
            Dans cette vie de péché lourds
 
            Pass Voyage, qui arrosent les
            Chevaux sur le feu, l’eau-faim
            Moth nuit, sombre, nerveux,
            Et Cad-neaca mais meurent assez
 
            Lune dans la soirée et il brûle
            Plongez dans le doux et lourd,
            Peut passer à travers l’ombre de la journée et de la volaille
            Provoquer la pitié moi rugir
 
            Mais je ne me plaignez pas
            Zac morts de soif comme un chameau
            Qu’est-ce à l’usure du désert
            Sands de la vie, et désert aride
 
            J’entends balayage scirtie-nuit
            Stars automne dans l’eau quand ils sont mûrs
            Et je meurs de soif à la fontaine
            Avec ciel-n-tête et tasse à la main
        
IOAN LILA
ioan lila
ESTILDA MELPODA
Roman
Traduction:
Cristiana Elena DANCIU
Jean-Claude CHASSAGNE
1. Estilda
 
Estilda venait de la droguerie. Un mot qui lui suggérait, comme un scintillement mystérieux, de la drogue combinée qui pouvait la guérir. C’était sa manière de prendre un mot et de le peler comme s’il était un fruit soyeux, une banane mûre qui lui fondait dans la bouche. Elle était prise d’un vertige de plaisir, mais elle était pressée, donc elle passa devant une vitrine décorée comme un sapin de Noël, avec de petits globes de verre étincelants et des rubans juste bons à embellir les robes usées afin de leur rendre un peu du faste d’antan. Quand elle était plus jeune, elle se serait arrêtée pour les admirer et s’imaginer une princesse d’un pays exotique, mais voilà qu’elle avait vingt-trois ans accomplis... eh oui, elle vieillissait, c’était la vérité, se disait-elle, le sourire triste aux coins de ses lèvres, en se regardant discrètement dans les vitrines de la ville, avec la crainte de ne pas voir autre chose, ou le soir, longuement, devant la glace... Lorsqu’elle tortillait des hanches, comme une gamine espiègle, à l’allure sautillante, impossible à confondre, Estilda semblait une biche sans souci, un pissenlit qui s’éparpillait aux yeux des passants avec le dévouement d’une pluie de printemps, un oiseau tropical. La goutte de rosée, la pluie de printemps, lorsque l’air sent les chatons de saule. Les chatons d’osier sont beaux aussi, mais ceux de saule sont encore plus beaux que ceux d’osier, car ils sont dorés! Elle marchait comme si elle était encore plus contente d’elle-même, et ses fesses fermes rebondissaient sous la robe légère, qui prenait la forme de son corps. Ô, mais elle avait tant de boulot, la journée avait à peine commencé, le panier en osier frottait ses cuisses, on voyait sa démarche encore plus sautillante, le dos tout droit, propulsant l’air frais par les pointes de ses seins dont elle était si fière, en pensant que sa féminité brillait par la grâce avec laquelle elle arpentait les rues de la ville chaque matin, lorsqu’elle allait faire des courses pour la maison de monsieur l’ingénieur; elle y travaillait comme femme de ménage, cuisinière et bonne a tout faire. Sauf que monsieur l’ingénieur  était presque froid avec elle. Il la payait bien, il ne l’embêtait pas, ce n’était même pas la peine, car elle était expéditive, elle n’arrêtait pas de la journée, elle travaillait d'arraché-pied, mais volontiers, dans la mesure ou on lui fichait la paix ; il y avait une chose qu’elle ne comprenait pas. Pourquoi monsieur l’ingénieur se plongeait-il dans sans cesse dans tous ces papiers et qu’il noircissait avec son écriture fine et ordonnée.
Le pauvre, du matin au soir il se penchait à s'en tordre le dos. Dans l'âme de cette femme brulait cette pitié dévorante pour l’homme qu’elle tenait dans ses bras, qui était, à la fois, son enfant, son amant et son maître… mais qu’est-ce qui se passait avec le bon monsieur ingénieur, qui calculait des arches de pont, qui dessinait des cariatides majestueuses, des filles aux corps cambrés comme par-dessus le front du monde, et inventait des ailes fascinantes des moulins à vent imaginaires, qui ressemblaient aux cuisses prolifiques des femmes exotiques, des ornements fonctionnels pour les couloirs des bâtiments, qui créait des métropoles fascinantes et inquiétantes qui lui donnaient le vertige, à elle – alors elle s’asseyait sur une chaise, à vrai dire elle y tombait, en s’écroulant sur elle-même, la tête comme embrumée par le vol en ballon des frères Montgolfier (1783), Bell n’avait pas encore inventé le téléphone (1876), et Marconi n’avait pas encore utilisé son télégraphe sans fil. Les lignes étaient obliques, dynamiques, ascendantes, verticales, imaginaires, froides, transparentes, sacerdotales, elle ne les comprenait pas d’ailleurs, mais elle avait quelque chose des charmes prolifiques reproduits par Parménidienne (1503-1540), dont discutaient longuement monsieur l’ingénieur et père Lorenzo ; ce dernier lui donnait, par l’immobilité de ses postures monosyllabiques, des frissons, à cause de leur dramatise dangereusement incitatif dans son incantation solitaire, comme une masturbation à froid d’une femme devant un homme pétrifié par la longue attente des signaux aphrodisiaques pour une femme exacerbée de désir, mais incapable d’exprimer ses sentiments… la chair hurlait dans son corps ondoyant : « prends-moi ! », comme une cloche vibrant à cause des sons nocturnes, mais la langue des sens était muette, l’extase charnelle était comme une menace du rapt vulgaire des vandales, l’esprit demeurait stupéfait de terreurs angoissantes, et pourtant, monsieur l’ingénieur Lucas, un nom impossible à prononcer à haute voix, car il brillait sur la voûte de son palais comme un pétale de nénuphar – colonnes, métopes et triglyphes – des entablements recomposés par Bramante en clair-obscur… et père Lorenzo, le vieux cheval qui attendait l’échelle céleste pour partir dans le voyage immortel, hennissait, nasillard, citait le nom de Dieu, devant lequel tout effort était néant, gaspillage, dépérissement, futilité ou blasphème pourvu qu’il ait la garantie de la perfection – et Estilda, qui les entendait de sa chambre du grenier, où elle se retirait discrètement une fois commencées les débats interminables sur l’âme, matière, angoisses, substantialité, catégories philosophales, Platon, la pierre philosophale, Aphrodite, le Cheval de Troie, Agamemnon, le droit romain et la vilenie de la splendeur du nénuphar dans la neige... à croire que ces mots pouvaient remplacer le tremblotement léger des paupières sensibilisées par les nervures fines des ailes d’un papillon doré dans l’inconstance cadavérique de la nuit, dont elle avait tellement peur. Bien sûr, il n’était pas possible que lui tombe dessus toute cette grandeur du monde qui se dessinait comme une fumée de neige sur les carreaux des fenêtres sombres pour la plupart du temps, puisque les mystères ressortissaient avec le scintillement délicat d’un bout de chandelle qui léchait les mûrs et créait des ombres fantastiques, des monstres issus de la réalité des registres chancis, des lettres dessinées comme à l’inverse, ayant un rôle décoratif dans la structure du raisonnement  et créateur de la démesure opulente du profil en or qui définissait le Dieu suprême de l’infini dans lequel on puisait les lois précises du hasard et l’allégorie de la guerre qui eut pour but de consolider, même par destruction, les liens secrets entre les peuples ; en les mélangeant comme dans un four où l’on polit et cisèle les sens, jusqu’au moment où l’on découvrira/aura découvert la pierre philosophale, que le prince de Lagash connaissait depuis dès siècles et en avait partagé le secret aux pharaons égyptiens, on créait la symétrie de la poésie pleine de sensualité de la pensée secrète. Penchée sur sa robe fleurie pour en recoudre l’ourlet, Estilda écoutait, comme dans un frémissement de feuilles, les paroles chuchotées de père Lorenzo, qui s’étonnait qu’aucun penseur n’ait découvert encore la quatrième dimension du monde où ils vivaient, ni même cette énergie subtile qui pouvait transmuer le plomb en or, le sable en des diamants et le corps d’un savant fou au-delà des limites de l’univers enfermé dans une goutte d’eau de rose où l’on a parsemé une pincée de poudre d’étoiles, cueillie, non sans émoi, sur la rétine pétrifiée dans l’éternité du Sphinx. La main d’Estilda tremblait, les piqûres de l’aiguille dans l’ourlet de la robe lui semblaient lourdes et l’inquiétaient, elle sentait la sueur de l’émotion s’écouler sur son échine ; elle secoua ses épaules et écouta avec attention, mais elle entendait les mots pour un temps, puis elle commençait à rêver de ce chevalier là dont son âme languissait, le rêve de toute filles  aux sens éveillés par les histoires romantiques d’amour ; pendant tout ce temps là sa tête enregistrait les chuchotements venant de la pièce d’en bas, fondus dans le bronze massif de la mémoire du monde, qui aurait été beaucoup plus simple pour elle sans la souffrance de la pensée de son maître, qui semblait peiner/se tourmenter depuis des siècles afin de rendre à l’humanité les secrets écrasés sous les roues dorées de l’histoire, et père Lorenzo gargouillait de rire, à croire qu’il suffoquait.
Certes, les images iconoclastes des empires de la pensée recomposaient la mosaïque d’un culte rigide et audacieux, basé sur le théorème pur de la géométrie mystique, interféré avec ce calcul dynamique de la convergence des couleurs froides et irréelles, auxquelles se rapportait la densité de la matière définie par son rythme pulsionnel et apparemment irrégulier, mais c’était justement ce chaos qui était plus strictement défini par des lois rigides, qui pouvaient être mises en ordre par une plus ample œuvre sur l’originalité de la symétrie in causam.
  Elle avait très chaud, elle avait transpiré et une torpeur agréable s’était insinuée entre ses fortes cuisses couleur citron et, abasourdie par le murmure des paroles qui flottaient, allaient irréelles, dans la pièce d'as, ses mains comme par leur propre volonté vers ce croisement d’étoiles et de cieux, touchant où tremblotait la fleur de son corps, des doigts avec surprise, attendant d’être prise par ce spasme du corps qui inondait son sang avec des explosions de fleurs brûlantes comme le soleil, se brisant dans une mosaïque fine et pleine de volupté, tandis que son maître, qui lui provoquait cette terrible excitation par ses incantations magiques, dessinait avec des lettres gothiques le titre du premier grand chapitre de l’ouvrage «L’Histoire, l’Ethique, la Logique et la Physique», qu’il avait déjà anagrammé « HELP », à croire qu’il donnait ainsi à l’humanité une nouvelle opportunité de se redécouvrir dans les angoisses marécageuses de la pensée – auxquelles Estilda Melpoda avait renoncées en faveur de l’extase infinie et pure qu’elle s’était provoquée toute seule, en rêvant peut-être qu’un chevalier errant l’aurait fait plonger, par ses caresses, dans l’océan des sens, et père Lorenzo conclut à la façon rubens-rubentis : « …il devait y avoir eu une forme artistique de la morale taillée dans la pierre des sens… » - et à cet instant précis Estilda Melpoda poussa le cri d’un orgasme ravageur, à croire qu’elle confirmait les propos du père, et Lucas, le maître d’Estilda Melpoda, resta pétrifié, la plume à la main. Il n’avait qu’à mettre un point après la première phrase couchée sur le papier méticuleusement, mais on dirait qu’il ne l’osait pas… non, pas encore… le point est le sabre qui tranche dans la chair du monde… qui amène le vent de la mort… il valait mieux mettre les trois points de suspension, pensait-il, pendant qu’Estilda Melpoda se caressait toujours, car elle avait déjà mis un point à une journée embaumée de ce doux orgasme qui lui avait apaisé l’esprit.
Père Lorenzo se préparait à partir, il avait ramassé déjà toutes ces notes sur la sculpture gothique qui devait s’imposer dans l’harmonie des cathédrales, un mélange fascinant de sacré et de grotesque à faire frémir la conscience des gens et pervertir leurs âmes, car l’angoisse de la mort, le jeu des ombres à travers l’empire des clairs, le clair-obscur et le blasphème avaient le rôle de définir le transcendant terrifiant où voyagerait l’âme, parce que quoi d’autre définissait mieux le sacerdoce sinon l’angoisse ? Lucas attendait patiemment que le père en finisse de ce va-et-vient inutile, car ses gestes n’étaient autre chose qu’une lourde  expression de son trouble et il pensait qu’il aurait dû encoder davantage le message sacramentel, approfondir l’ombre et repenser Phidias, Polyclète et Myron, ainsi que la dictature persuasive de Périclès pendant la démocratie athénienne
                                                           (460 – 435 av. J-Ch.).
 
 
 
 
Produs Port@Leu | ISSN 1842 - 9971