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CE MAI ÎNSEAMNĂ, AZI, SĂ FII „PREŞEDINTE”, RESPECTIV „CETĂŢEAN” AL ROMÂNIEI...?! de Adrian Botez
FONDATORUL „STRATFOR” despre ROMÂNIA, interviu cu George Friedman
Proiectul Blue Beam (Raza Albastră) şi „salvarea” Noii Ordini Mondiale
Două articole despre Roşia Montană de Dr. Gh Funar şi Ion Longin Popescu
Un parlamentar român despre şeful delegaţiei FMI pentru România
Articol Eugen Evu
În loc de concluzii: Opinii din noua generaţie
Articole de Mircea Bunea, Gavril Cornuţiu,Viorel Roman, Demi Perparim, Cristian Neagu - partea I
Articole de Mircea Bunea, Gavril Cornuţiu, Demi Perparim, Cristian Neagu - partea II
Articole de Mircea Bunea, Gavril Cornuţiu, Demi Perparim, Cristian Neagu - partea III
Secretele din Bucegi” – un documentar al sitului „Colecţionarul”
Traducerile în franceză ale lui Constantin Frosin, din versuri de: - Vasile Voiculescu - Ion Pillat - Marin Sorescu - Ileana Malancioiu - Nicolae Labiş - Magda Isanos - Stefan Augustin Doinaş
DIMITRIE GRAMA - Poezia ca (un) ritual de depoetizare
Recenzii şi prezentări de Adrian Botez, Al.FlorinŢene, Dan Lupescu, Melania Cuc, Eugen Dorceascu - Despre Eugen Evu, Stefan Doru Dancuş, Melania Cuc, Mihai Marcu, Aurel Petrescu, Ion Barb, Slavomir Almăjan, Valentina Becart - partea I
Partea II
partea III
- partea IV
Cu prilejul apariţiei seriei complete in trei volume difuzate de librăria electronică www.corectbooks.com
partea II
partea III
partea IV
partea V
Păstorel Teodoreanu pe internet
partea II
Parodii literare sau parodia guvernării rubrici de Elisabeta Iosif, Ionuţ Caragea, Ioan Lilă
partea II
partea III
Consideraţiuni în proză din folclorul internetului
partea IV
From The London Times: A Well - Planned Retirement UN PERFECT EXEMPLU DE DESCENTRALIZARE

Literatura română în limbile lumii

            POEZIE ÎN TRADUCEREA LUI
            CONSTANTIN FROSIN

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                                                                 TRADUCĂTOR, INTITULAT:
                                                « MINIANTHOLOGIE DE POESIE ROUMAINE »

 
VASILE VOICULESCU

ECCE HOMO

Quels nouveaux tourments me procure le matin ?
Abîmes de tortures sous mes pas chancelants…
O, Dieu, pourquoi me donner la vie comme un gain
Et me demander, pour chaque jour, du supplément ?

Tout ce que tu créas de beau et d’accompli
De moi le tiras, usant de la douleur.
Je contemple la femme: rien que Chair et oubli:
Une urne – fût-elle suave – avec les cendres du bonheur.

Est-ce pour m’être mêlé aux anges et animaux,
Ou que mes idées te valent ennemis méchants comme tout ?
Tu habites les hauteurs, ta lumière d’en haut
Vieillit avant de parvenir jusqu’à nous.

Mais tout seul, mon corps en quête de rédemption
Sur une croix de péchés je crucifie,
Alors que l’âme, d’immortalité goulue,
De simples racines amères je la nourris.



ION PILLAT

ICI ARRIVA AUTREFOIS

Au domicile du souvenir, aux persiennes et terrasse,
Araignées interdirent portes et verrous, de guerre las.

La cheminée ne tire plus doucement sur son chibouk
Depuis qu’aux grands bois, s’affrontèrent gendarmes et haïdouks.

Chemin faisant vers l’horizon, peupliers vieillirent, datèrent.
C’est bien là qu’atteignit, un jour, Calliope, ma grand-mère.

Sur le perron, grand-père, impatient, guettait d’un oeil d’aigle
La berline qui ondoyait à travers les champs de seigle.

A l’époque, pas de trains, si bien que depuis la berline
Sauta lestement, toute svelte, une fille en large crinoline.

En train d’admirer, au clair de lune, la plaine – vrai lac,
Cela va sans dire que grand-père récita Le lac...

Lorsqu’au-dessus du gîte, vraies ombres, grues tombaient en balade,
Il déclama Le génie de l’air, d’un jeune Héliade...

De ses yeux bleu turquoise, en silence, elle l’écoutait
Et le tout, fort romantique, naquit en conte de fée.

Tous les deux, ensemble... au loin, sonna un campanile
En annonçant noces ou décès, dans le vieux ménil.

Mais eux, à l’instant, ils espéraient de rester en vie...
Depuis longtemps, grand-père est mort, et grand-mère a vieilli...

Peut-il être une étrange chose, le temps ! D’un coup, sur le mur
On n’arrive plus à voir qu’à travers de bien mornes peintures.

On s’y retrouve, mais son visage, point ne s’y reconnait,
Car si son propre corps l’oublie, on ne saurait l’oublier...

Le même chemin t’emmena à travers les champs de seigle:
Tout comme elle, tu t’arrêtas au perron, selon la même règle.

Toute svelte, lestement tu marchas sur le sable où elle sauta.
Débordant de grues, le crépuscule, lui, s’arrêta.

Et en souriant, tu te moquas de ma naïve pomme
Quand déclamai-je les poèmes de Francis Jammes.

Et quand, dans la nuit, le champ devint lac au clair de lune,
Et déclamai-je la Ballade de la lune, d’Horia Furtune,

Tu m’écoutais bien pensive, de tes yeux d’améthyste,
Me trouvant romantique et voire, peut-être symboliste.

Tous les deux ensemble... au loin, sonna un campanile.
Etait-ce la même cloche ? Peut-être... dans le vieux ménil...

En annonçant noces ou décès, dans le vieux ménil...



MARIN SORESCU

SOLITUDE

Au chevet du grabataire
Rien que le chevet. Il relève sa tête de là-dessus
Et, comme s’il le voyait en première,
Il lui demande d’une voix éteinte :

- Tu es venu me tenir compagnie,
N’est-ce pas, mon chevet ?

- Oui.
Il faut bien qu’il y ait quelqu’un auprès de toi
Pendant ces heures qui courent,
Car tu es gravement malade.



ILEANA MĂLĂNCIOIU

JE VOUDRAIS

Je voudrais aller quelque part où je ne sache plus rien de rien
et en revenir lorsque j’aurai tout oublié ;
me souvenir à grand-peine quel est mon nom et qui suis,
apprendre ce qui est à ma portée

savoir, afin d’être à même de vivre jusqu’au bout
et me réjouir que je suis encore animée.
Je voudrais aller quelque part, là où tout le monde ignore
déjà tout de ce que l’on sait

et de ce que l’on invente encore
à défaut de la moindre prétention
contre moi, envers et contre tout ce qui est
dans ce bas monde, tout foisonnant d’inventions.

Mais où est donc cet endroit serein, me demande
et je pleure en silence et personne ne le sait ;
j’ai peur de tout, de toute chose et je voudrais
me réjouir encore que suis toujours animée.





 NICOLAE LABIŞ

LA MORT DE LA BICHE

La sécheresse a tué le moindre souffle de vent.
Le soleil fondu, s’écroula dans les champs.
Le ciel torride s’est vidé de partout
Et les seilles ne puisent plus que de la boue.
Toujours plus souvent, dans les bois, moult incendies
Dansent de sauvages et de sataniques sauteries.

Je monte, suis mon père entre des arbres rabougris,
Les sapins m’écorchent, méchants et desséchés.
Ensemble, on va donner la chasse à la biche –
La chasse de la famine dans les monts Carpati.
La soif m’anéantit. Voilà, sur la pierre bouillit
Le filet d’eau suintant de la borne-fontaine.
Les tempes me tombent sur l’épaule. Je marche comme sur une autre
Planète, immene, étrangère et malsaine.

On s’arrête à l’endroit où encore se font entendre,
Sur les cordes des ondes tranquilles, les sources qui s’y nichent.
Quand le soleil se couche et que la lune se lève dans le ciel,
Viendront à la queue leu leu, pour s’y abreuver
A tour de rôle, une à une, les biches.

Je dis au père que j’ai soif, et il me fait signe de me taire.
Etourdissante eau, comme tu chavires limpide et t’embrumes !
Je me sens rattaché par la soif à la bête qui va mourir
A une heure prohibée par loi et coutumes.

Dans la vallée, souffle un bruissement racorni.
Une effroyable soirée tournoie dans l’univers !
L’horizon est rouge de sang et ma poitrine est rouge également,
Comme si j’y avais mis mes mains toutes de sang – à couvert.

Comme sur l’autel, fougères brûlent de flammes violâtres, tortues
Et les étoiles interdites, s’amusent à y cligner.
Pauvre moi, comme je voudrais que tu ne viennes plus
Ô toi, superbe sacrifice de ma forêt !

Elle paraît gambillant et s’arrête,
Regarde autour d’elle, a le frisson
Et ses délicates narines eurent vite fait de troubler l’eau
En formant cercles ondoyant comme en laiton.

Il brillait quelque chose de vague dans ses humides orbites
Je savais sa mort et sa peine – impossible qu’elle triche.
J’avais l’impression de revivre un mythe
Racontant l’histoire d’une fille muée en biche.
D’en haut, la lumière blafarde, comme chimérique,
Voilait sur sa fourrure d’éteintes fleurs de cerisier.
Oh, je souhaitas qu’en première, le déclic
Du fusil du père présage d’un coup raté.

Le coup partit, les vaux frémirent. Tombée à genoux,
Tête relevée, à l’intention des astres elle en hochait,
Puis, s’affaissa comme une masse, décrivant sur l’eau
De fuyants essaims noirs – tels de vrais colliers.

Un oiseau bleu avait jailli depuis le branchage:
La vie d’une biche, du côté d’horizons alanguis,
S’envola tout doux, d’un cri, comme les oiseaux en automne,
Lors d’abandonner leurs nids dégarnis.

En chancelant, j’allai pour lui fermer
Les yeux ombreux, que tristement les cornes défendent.
J’eus un pâle et muet soubresaut, lorsque mon père
Me siffla gaiment: - Enfin, nous avons de la viande !

Je dis au père que j’ai soif et il me fait signe de boire.
Etourdissante eau, si obscure, tu chavires et t’embrumes !
Je me sens rattaché par la soif à la bête qui vient de mourir
A une heure prohibée par loi et coutumes.

Mais la loi est bien vaine et agit contre nous
Quand la vie, on peine à en joindre les deux bouts,
Car coutumes et pitié ne servent plus à rien
Lorsque ma soeur malade, affamée est sur son déclin.

Du fusil du père, s’élève de la fumée.
Pauvre moi, sans le moindre vent, voilà les feuilles s’envoler !
Père fait du feu, qui a l’air effrayé.
Hélas, combien la forêt a changé !
Dans l’herbe, à mon insu, je mets la main
Sur une clochette au son bien argentin...
Sur le brasier, mon père retire de ses mains
Le coeur-même de la biche, ainsi que ses reins.

Qu’y a-t-il, coeur ? J’ai faim ! Je veux vivre et je voudrais...
Pardonne-moi donc, toi, la vierge - toi, ma biche bien-aimée !
J’ai sommeil. Le feu s’élève ! Et le bois, si profond !
Je pleure. Que pense mon père ? Je mange et pleure. Quel gueleton !




MAGDA ISANOS


MOI, J’ATTENDS L’AN UN

Moi, j’attends l’an un.
L’année de la paix entre tous les peuples :
les grandes boucheries de l’histoire moult aveugle
seront rasées de terre :
Mon cœur murmure d’ores et déjà : « Hé toi, mon frère
pardonne-moi toutes ces haines ancestrales
et, au nom des souffrances humainement immémoriales,
donne ta main, frère ».
Je mordis moi-même la poussière
et me suis plaint.
Mes êtres chers étaient morts et le feu dans l’âtre, éteint
dans ma patrie que le feu dévore.
Le sang illuminait pareil à une drôle d’aurore.
Un horizon après l’autre choit
avant, mais aussi après moi.
On franchissait frontières,
rivières et montagnes
et personne n’était plus grand que les téméraires
soldats anonymes.
Terrifiées, les multitudes cacochymes
sur notre avancée se retiraient en trombe.
Les obus assommaient et creusaient, en même temps, la tombe
de l’enfant en bas âge et de sa mère.
Puis, le spectre de la misère
errait à travers les champs ravagés.

Durant ce temps, le yacht aux ponts dorés
par le soleil du Sud,
ondoyait comme un oiseau immaculé.
Le milliardaire fumait son havane:
„O, comme le monde est parfaitement rangé !”
(Le ver engraisse dans le blessé organe
de ce monde sanglant, toujours en point de mire).

Allons, mon frère, n’ayons plus de souvenirs
ni de ces chauvins rêves.
Tout comme moi, tu forges des outils, sans trêve.
Tu travailles la terre, peut-être livres prépares -
Il y a pas mal de gens pauvres autre part
Ici-bas, et je te connais d’après ton teint
car tous les jours, tu te réveilles tôt le matin
le soir, c’est tard que tu fermes l’oeil.

Donne-moi la main, jetons à bas les boucheries
de l’histoire. Sors de ton cercueil
et regarde: le soleil se lève, luit...





 

Produs Port@Leu | ISSN 1842 - 9971