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Texte de pe internet
Texte de Dona Tudor, Mihaela Albu,Botez Adrian
Afirmaţii provenite din FOLCLORUL INTERNETULUI
Semnează: George Roca, Melania Cuc, Ioan Lilă - Partea I
Partea II
Partea III
Se profilează un volum de dialoguri
SE PROFILEAZA UN VOLUM DE DIALOGURI - continuare
EMINESCU – „LUCEAFĂRUL” , În versiune engleza de Adrian SONCODI
Poezii de IOAN ALEXANDRU , în versiune franceză de Constantin FROSIN
Carol al II-lea, o figură sinistră care produce mare neîncredere în genealogia moştenitorului tronului său: ESTE MIHAI I FIUL LUI CAROL AL II-LEA ?- de Dr. Dan Brudaşcu
Corneliu FLOREA despre Pusi Dinulescu
Gheorghe Postelnicu, I. Oprisan, Al. Florin Ţene, Dan Brudascu, melania Cuc, Nicolae Băciuţ, Dorel Schor, Octavian Curpaş, Carmen Cătunescu, Adrian Botez, Paul Polidor, Alina Jar şi Jalel El Gharbi Publică articole despre: Ion Gheorghe, Teohar Mihadaş, Vasile Celmare, Sabin Bălaşa, Lazăr Morcan, Lucreţia Berzinţu, Al. Florin Ţene, Melania Cuc, Theodor Damian, George Roca, Liviu Antonesei, Theodor Codreanu, Mircea Stefan, Menuţ Maximilian , Sorin Issvoran, Constantin Frosin - PARTEA I
PARTEA II
PARTEA III
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Articole de: Părintele Stăniloaie , Andrei Vartic, Adrian Botez, Dumitru Bălaşa, Mihai Bocioacă, Sorin Golea, George Liviu Teleoacă, Ioana Stuparu - PARTEA I
PARTEA II
PARTEA III
PARTEA IV
PARTEA V
PARTEA VI
Din folclorul internetului - PARTEA I
PARTEA II
PARTEA III
PARTEA IV - Rubrica lui Ionut Caragea
PARTEA V - Passo Doble de Ioan Lilă
PARTEA VI
PARTEA VII - „AM FOST DOBITOC, DAR MAI SUNT OARE?!”

Constantin FROSIN
Prezintă în limba franceză o selecţie din poezia lui Ioan ALEXANDRU

 
 D O R*
 
 Sous peu, ma respiration et moi-même
 Au-delà des étoiles, on va s’écouler.
 Le temps viendra où, là, dans ma poitrine,
 Cette lampe à (ma) gauche, sa combustion va cesser.
 
 Puissé-je avoir de la patience, mais assez
 Pour que je me consume jusqu’à l’embrasement.
 Que mon ombre soit sucée par le vent sacré,
 Que je revienne, pour de bon, à l’aveuglement.
 
 J’ai bien compris la nature de ce monde :
 Tout ce qui est, m’a l’air innocent et nouveau ;
 Il n’est plus de place pour moi sous le soleil :
 Ne puis-je laisser ma poussière entre les tombeaux.
 
 De tout ce qui est, j’ai fait mes délices
 Depuis le ventre de ma mère, qui l’ignorait.
 Mais, en échange du don à moi offert,
 Il me faut payer d’une éternité.
 
 La lumière n’accepte pas elle, en échange,
 La lumière qui constitua ma communion.
 Loin de là, elle s’attend que de terre surgisse
 Jean en Bois, prêt pour la maritale union.
 
 
 (Terre transfigurée, 1982)
  ___________________________
 * voeu, souhait, voire désir, mais aussi (et surtout) nostalgie, langueur
 

PORTRAIT

 
 Voilà donc bien l’arbre dont moi je suis tombé
 Blond, camus, long et aux oreilles aversions
 Qui vont à l’inverse lorsque je parle,
 C’est-à-dire, font de mes réponses des questions.
 
 Déjà un peu recroquevillé, comme si
 J’étais attelé à une charrue en pierre.
 Quand je marche tout doux sur mes brisées,
 Les sillons aux astres se mettent à ressembler.
 
 Les yeux creusés dans le crâne à une écharde en bronze,
 L’un monte la garde au Levant, l’autre monte la garde au Ponant.
 Les armes – des matraques suspendues aux épaules
 Gardent à vue un possible mécontent.
 
 Ce signe au front, certaines haches me l’ont fait,
 Après qu’ils les aiguisent et (en) essaient la marque.
 Les hommes s’en vont, fort troubles, dans les forêts,
 A la recherche du tronc ayant forme de barque.
 
 (Cette vie pour le moment, 1965)
 
 

 LE GRAND PRÊTRE
 
 La langue est le temple où il me fut donné
 De servir en tant que grand Prêtre aux saints propos,
 De les connaître et de les faire brouter
 Parmi l’herbe épaisse séparant les tombeaux.
 
 D’être en toute humilité à leur tête,
 A la recherche des grandes sources du monde premier,
 Sur des sentiers étroits franchissant les précipices.
 De muer en pont en l’honneur de leurs pieux pieds.
 
 Papillons énormes comme les monts, veillent
 Sur mon autel débordant d’une très pure rosée.
 Telles des serviettes, les lumières venues du Levant
 Tombent sur le pain dans des coupes éventré.
 
 Des ailes innombrables, un chœur de myriades,
 Hosannas par milliers, éternelle lumière,
 Et le temps s’élargit, voilà que sont envahis
 Planètes et ciel, ainsi que siècle et cimetière.
 
 Il ne m’est plus resté au dehors qu’un vent éternel
 Quel orage qui arrache et enveloppe et nuit,
 Lequel sape sans cesse les bases du temple crucifié
 A même le noyau de la veilleuse de nuit.
 
 
 CONTINUITÉ
 
 Vivre sur terre, dans ma Patrie je me sens
 A l’instar du chêne – à un certain endroit,
 Que je sois mû en secret par un vent
 Et qu’en usant d’un seul nom, m’appelle toute voix.
 
 Que mon maître soit le même ciel libre comme tout
 Et que mes mêmes astres ne fassent de nuit défaut
 A peu près au-dessus de ma tête,
 Lorsque la douce rosée tombe sur les coteaux.
 
 Et lorsque l’automne bat son plein ici-bas
 Et que se mettent à frémir feuilles et treilles,
 Puissé-je prendre ma secrète couronne de feu
 Et y aménager selon le soleil.
 
 Dans ce berceau, là où je fis mon apparition,
 Que je puisse veiller sous une poutre encore une nuit
 Et que j’entende du grenier le haut vent,
 Qui dans les âmes veut s’allumer et luit.
 
 (Terre transfigurée, 1982)
 
 
 
 

 HYMNE
 
 C’est bien là que je demeurerai,
 Un anonyme sur milliards,
 Lequel, de sa propre voix, embaume
 La lumière de l’éternelle Triade.
 
 Là-bas, parmi la foule perdu,
 Une branche par la rosée parlante.
 Une douce souffrance au gré du vent,
 Glorifiant ma propre mère naissante.
 
 Plutôt à même le tronc d’un hymne,
 En guise de vigne nocturne et barbare,
 Me voilà qui enfin devins
 La lumière de la veilleuse du soir.
 
 Je vibre sans cesse en vol éternel,
 Une transparence toute éplorée,
 A travers laquelle on voit les anges
 Aux ailes de fille, aux yeux de marié.
 
 Ceux que mon horizon attire,
 Tomberont encore malades de mort.
 Un gigantesque frémissement de lys
 Faisant de ces lointaines noces son port.
 
 (Les hymnes de la joie, 1973)  

 
 AUTOPORTRAIT
 
 Comment se fait-il que je me sens en permanence
 Vaincu par une joie presque impossible à appréhender ?
 Que je revête, toujours, de tout jeune homme l’apparence
 Et que je considère toute jeune fille comme ma belle mariée ?
 
 Que je m’agenouille frénétiquement devant chacun
 Et que je suis prêt au sacrifice à perpétuité ?
 Que je ne redoute nullement l’espadon d’aucun
 Et que toute idée qui me passe par la tête est ailée ?
 
 Que je brûle d’impatience sur les lieux de la rencontre,
 Que je languisse après des horizons que j’ignore
 Bien que suspendu à la croix de chaque pas,
 Je suis hanté par les seules alpines redoutes, mes vrais forts !
 
 Comment se fait-il que je me sens en permanence
 Etre mon propre esclave avec une passion irréfléchie ?
 Je reste comme un coin de lune au miroir – quelle devenance !
 Reflété par les nids bleus couvant les eaux de tout puits ?
 
 Tout ce que je comprends, c’est qu’il m’est donné
 A distiller en rythmes ces temps troublants, extrêmes.
 Ioan Alexandru, encore enthousiasmé,
 Lit, à l’occasion des cénacles, un millier de poèmes.
 
 (Comment vous dire, 1964)  
 
 
 FEU CÉLESTE
 
 Je ne suis fait que de ruisseaux d’amour,
 Je ne suis que celui qui serait.
 Comment pourrais-je arrêter cette animation ?
 Cet hymne de gloire, ainsi que cette journée.
 
 Il n’est plus rien resté de mon être,
 Tout ce qui fut, s’est tordu et changé.
 Amour suis-je devenu, tout simplement amour,
 Au fond de ses fleuves suis-je enterré.
 
 Ma prière quotidienne est de périr,
 De cesser, pour qu’enfin s’arrête
 Ce souffle informant ma propre âme
 Dans ce pays par trop humain.
 
 Les quatre anges sont eux-mêmes venus
 Et m’investirent en tout : et n’importe où
 Ils occupent mon espace ; rien d’autre
 Qu’un esprit régnant sur les eaux, partout.
 
 Jusqu’au lys ne trouve plus de place,
 Privé d’avenir et souvenance.
 Me voilà qui suis magnifié :
 L’amour me frappa, par complaisance.
 
 Ne m’abandonne pas et ne tourne plus,
 Reste à jamais muet, à dessein ;
 Reste là, dans l’état de ne rien voir
 A jamais, ange sacro-saint.
 
 Car ce n’est rien, et rien d’autre qu’une
 Illumination qui s’entête.
 Le feu céleste m’aura saisi
 Sur la fin d’un crépuscule de fête.
 
 
(Les hymnes de la joie, 1973) 

 

Produs Port@Leu | ISSN 1842 - 9971