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FRAGMENTE DIN ROMANUL « FEMEIA, FIE EA REGINĂ…
FRAGMENTE DIN ROMANUL ,,FEMEIA, FIE EA REGINĂ...\"- continuare
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CONSTANTIN FROSIN PREZINTĂ ÎN LIMBA FRANCEZĂ POEMELE LUI ION BARBU
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Vorbind despre poezie: Literatura română în limbile lumii şi poezie contemporană românească

 I. LITERATURA ROMÂNĂ ÎN LIMBILE LUMII :

CONSTANTIN FROSIN PREZINTĂ

ÎN LIMBA FRANCEZĂ

POEMELE LUI ION BARBU:

AUX COLIMAÇONS
A mon oncle Sache Soiculescu
dont j’emprunte ici la voix


De mon lot de frères aînés,
D’aucuns morts
Et d’autres fermiers,
De mon lot de frères cadets
Enfants bien sages
Bègues, criquets,
Moi seulement, pâte plus volage
De tous (était-ce donc un don ?)
J’étais difforme, vagabond.

A l’époque, plus bête j’étais…

Quand carême plaines visitait
Avec ses fluides graviers d’abeilles,
Notre joie à tous était sans pareil :
Mômes timides
Pieds nus, humides ;
Belles demoiselles
(Aux nattes rebelles)
Vêtus de longs cotillons
En bêtes troupeaux allaient partir
Pour recueillir
Herbes, roses d’Inde, colimaçons…

Combien humide, cette baraque…
Et de prendre mes cliques et mes claques.

Tout pareil, une autre fois, mais
Un jour de saint, en Février,
Ou à la fête des Martyres
Notre bande de mômes, gnomes, et pire –
Restait sur la crête, là-haut,
Fort, je ne le suis pas trop.

De fatigue roué,
Sous un coudrier –
Sur un billot,
Je m’affalais
Bientôt…

Sur ce, me vint à l’idée
Qu’à force de scruter, fouiller
Les feuilles trempées – quel encombrement !
Parmi jeunes pousses et verts sarments,
Il se peut que je trouvasse
Un bête limaçon, mollasse…
Une voix tintait dans l’esprit
Comme quoi, l’escargot soumis
Sous sa tombe de feuilles, à côté,
Appelait l’Homme pour l’en tirer…

Et me mis à trifouiller
(Pour ma chance, je l’ai trouvé).
Tout juste microscopique, mais vrai :
Œil de bœuf, couverts de la taie.
Entre cet être et le dehors
Veillait un mur de chaux, bien fort.
- Mais que faire de cet aspect ?
Nulle envie de le jeter…
Voulais observer l’éclosion
D’un mou poussin de sa maison :
Voulais le voir ressusciter,
Du sommeil de sa cage tiré…

Et de tout mon long m’étends,
Puis cette magie répands :
« - Limaçon,
Colimaçon,
Boule tachée
Et verrouillée ;
Laisse les ténèbres de ta coquille
Limaçon naïf, et t’éparpille ;
Te cacher, à rien ne sert
Sous ces murs lourds et sommaires ;
Entre les branches, le soleil sourit
Et dans les prés, l’herbe reverdit,
Sans parler des nouveaux bourgeons
Qui parsèment les arbres de scions –
Limaçon
Colimaçon
Vois l’hiver ses touloupes ôter
Alors que tu es seul au foyer !
Sors, allez,
Depuis tes chemises cornées !
Va, laisse pousser tes quatre petits cils
Si transparents et vibratiles,
Pousse de même petits et humides
Quatre petits fils minces comme des rides.
Et adorne de tes luminaires
Ebouriffées roses trémières,
Ou la fleur de marguerite
De ta blancheur décrépite…

Sur le sommet de haies vives
Côté rives,
Ou plus en bas, si tu préfères,
Là, dans les terres,
Laisse ta bave en guise de repère… »
Après l’avoir fasciné,
Le posai
Et patientai.

Les ténèbres allumaient leurs mèches,
Au-dessus de moi, branches bien sèches
Frémissant au vent, vrai barde,
Me jouaient de rudes guimbardes…

Cette inimaginable forêt
Dépouillée par tant de cognées,
Prompte, opère
L’assombrissement des clairières.
Depuis de ligneux abris,
Des lamies
Je les voyais de travers
Qui bâillaient
Aux lèvres d’amadou, étiolées.
Retournés
Yeux bombés
Dormaient sous fronts tachés drôlement
D’un très velu
Et très barbu
Père filant.

Par ce froid et dans cette houle
Mis en boule
Scrutant d’un œil pénétrant
Au-dessus de la sente, le trajet
Où le soir ourdit la fumée
De nombre d’agissements,

Je vis bien sous le tas de bois
Que se précipitait vers moi
Une goitreuse toute de gourmands.

De travers,
Fixant le chemin
Depuis ses reins
En rase campagne, dans les ravins
Ses bandes tombaient en traînant.
De son goitre, une gourde à visière
De vieille rombière
J’entends un crissement grinçant…

De longs pleurs de fauve vilain
Pleurs enroués
Quand un serpent lui mord la main
Mugissement rauque, évasé,
Le soir hurlait du fond de ses seins
- J’eus peur, comme quoi je me sauvai !

II

La bise souffla toute la nuit…
Je n’étais pas encore arrivé
Que, tout à coup, se déclenchait
Une tourmente, de celles arriérées.
En plein Carême
Brandissait, cherchant querelle,
Nuées de blanches glumelles.
Tombaient aussi, écrasés,
Grains de millet…
(Il neigeait avec fermeté)
Au carbet,
Un feu brûlait furieusement
Bûches coupées.

Dans la hutte, unique surveillant,
Pourvu de plumes – quel entassement…
Indolent, en cueillais, rarement.
Plein de sable, le marchand
Passait – s’en retournait des champs
M’apporter l’assoupissement.
Et, claqué,
Au coin du feu affalé,
Veillais la braise incessamment…
Des ombres épaisses
Comme de vrais paons
Tournaient au-dessus de l’âtre
La masse de la vision verdâtre.

A part moi, disais :
« Mais, lui,
L’escargot bête, amolli ?
Dans sa coquille, il claque des dents
Craint de n’être brisé par le vent :
Prie le vent de ne le voler
Et de ne plus le cingler à bout
Portant ni mousse, ni amadou
Dans la forêt,
Prie le vent de s’apitoyer… »

Quittant la braise, déjà rare,
Sur le tard
Mollasse, j’approche la carrée
(C’était haut, n’y arrivais)
Mais par le verre rapiécé
Et par la glace enchevêtrée,
Déployait tout de grâce un voile,
La tourmente quasi spatiale ;
Ruiné, le cosmique appontement,
Sur les logements
Jusqu’au-dessus de la crête.
Opalescents,
Exubérants
Tombaient bulbes de ciboulettes.
Tout de suite, je me rappelai
Ce que déjà, moi, je savais,
Une nuit plus que les autres d’antan
Tourmentée
Quand, s’accoudant,
Becs dégoûtants
Soufflent le vent
Pour mettre à bas
Notre ici-bas…
Quand chevauchant les glaces, bouffant
La fée du froid s’emmitouflant
De huit manteaux
A l’étroit,
Reste à gober,
A le hoquet
Et se lamente contre
Le froid
- Hé, c’est la même nuit, probablement !
Vite, rentrons
Aux moellons flocons.
Penchant vers le sommeil,
Ne pensais qu’à lui, de guerre lasse.
J’y fis :
« Limaçon mollasse,
Que ne vins-tu plutôt à l’air !
Autrement, ni tourmente, ni chimères
Au bois ne t’auraient saisi…
Maintenant, que le feu finit,
La fumée périt,
On serait deux à trier duvets
Et lentement,
Le marchand de sable appeler
Depuis les prés
Pour nous fermer :
A moi, sourcils,
A toi,
La corne droite,
La gauche,
Doucement,
Quand sont détruits
Bois au taillis,
Pauvre d’esprit,
Pauvre d’esprit ! »

 


 

 

 

 

 

 

III

Depuis tous ces pennes et duvets –
Vraie neige d’or,
Dès que le soleil se montrait
Au dehors,
A travers champs
Comme en argent
Guerroyant avec le glissement
Pour monter, d’une grande fourche m’aidant,
Revenu sur la crête,
Je fonçais vers la coudrette…

Je l’aperçus près de son lit
De feuillage –
Ce n’était plus qu’une écaillée
Langue tordue et violacée,
Une badine, tel un kandjar,
Le liait au froid de canard !
Froides armures
De rêches bandeaux, qui se repoussent
Là, sur les brindilles impures,
L’agrippaient :
Une feuille morte, comme dotée d’une gousse.

Sur son corps ratatiné,
Me penchai
Et le pleurai :

« - Limaçons, qu’as-tu fait,
Du sommeil t’es-tu défait ?
Tu as cru à ma causerie
Hypocrite… Pure badinerie !
As cru que le soleil brillait,
Que dans les champs l’herbe a poussé,
Que le coudrier est une chanson –
Des mots creux et incantation !
Comme hier, aurais dû dormir
Sourd à ce qu’on veut t’offrir,
Un autre mur de chaux poser
Entre toit et tout ce qui est…
- Vois ?
Tu crus à ma rengaine :
L’hiver s’en prit à ta bedaine…
Du boqueteau passas les bornes
Mais le fis de la mauvaise corne,
Pauvre bicorne,
Pauvre bicorne ! »

Quand voulus le dorloter,
Je tendis un bras fort amer
D’avoir pleuré…
Et grelottant,
Une paire de cornes argentées
Se tordirent, ensuite s’effritèrent.
Même écorné, il me plaisait…
Et, dans son sac visqueux de bave,
Avec soin, dans la voie, et brave
L’ai porté,
Balancé :
Une toute petite gibecière en soie…
Et chez moi
L’ai bien rangé
Au grenier
(A deux pas, tout près)
Pour lui chanter, de temps en temps
Soit tout haut,
Soit mentalement :
« Limaçon,
Colimaçon,
Soleil s’épand
Dans les alpages et dans les champs,
Les jets t’attendent près de la fauche –
Mais n’as cornes
Ni droite,
Ni gauche.
Elles sont chez le marchand de sable
Sous les érables.
La corne droite,
La corne gauche…

- En hiver, les cornes cassent,
Limaçon mollasse,
Limaçon mollasse ! »

  

DU TEMPS, CONCLU…


Du temps, conclu, le mystère de cette crête tranquille, mais leste
Pénétrant, par la glace, dans un délivré azur,
Confectionnant de la noyade des troupeaux agrestes,
Dans le pullulement de l’eau, un jeu second, plus pur.

Nadir latent ! Le poète assume cette élévation
De l’ensemble des harpes disséminées en vol inverse,
Ensuite s’épuise en chants secrets, dans une marine vision –
Tout comme les méduses que, sous de vertes cloches, la mer berce.

 

LE TIMBRE


Flétrie, la cornemuse, ou le pipeau en cours de toute,
Au boqueteau transmettent le mal, morcelé, tout doux, plus fort…
Pourtant, l’abandon de l’argile, la roche qui Dieu adore
Les flots fiancés à la terre, crieront : est-ce possible, somme toute ?

Il faudrait un chant majestueux, pareil à un rêve,
Où le frémissement soyeux des mers sous le sel se cache,
Ou les éloges chantés par les anges, lorsque se détache,
De la côté du mâle, le tronc de fumée de toute Eve.

 

PARALLÈLE ROMANTIQUE


Pour nos noces, choisîmes une bourgade
Glorifiée par eaux lentes et fades –
Vrai molosse sur une patte affalé
En pays germain, vieux bourg suranné.

Escaliers, coins, portails ! Dans le creux
Ô, trolls tranquilles, ô, trolls goitreux,
Sous quel déferlement de venin
Tuez-vous un jeune rêve, exemple crétin !

Des cubes tordus, débiles, enfoncés
D’immobiles cramoisis et désuets ;
Vertement cerné dans quelques passages,
Sous de larges horloges – le son des âges !

 

É L A N


Je suis, moi, simplement un maillon du grandiose fléchissement
Fragile, mon tout est périssable ; en compensation,
Un essaim d’existences de ma mort font irruption
Et ma vraie appellation, mon vrai nom est ondoiement.

Incurvé sous le temps, je déploie un long tissu
Recouvrant tant l’herbe délicate que le front absorbé,
Et la blonde suite des formes – soleils en train de traverser,
Au large de la vie, déverse un passé révolu.

Dans l’onde erratique, dans les eaux éternelles sous la terre,
J’emporte les vêtements de ceux qui descendent au tombeau
Et, purgé, ingambe, je cours – quel subtile soubresaut –
Au travers de salons magnifiques, ou d’humides tanières…

De la sorte, dans les Terres en taillant de vastes accès
Vers des rythmes dépassant à jamais tout entendement,
J’offre et mets dans la Très haute Balance mon riche changement
De tant d’existences et d’un nombre égal de décès.

 


HUMANISATION

Il me fut donné de connaître ton froid château, Pensée :
Sous ses tristes arcades, pendant longtemps je me perdis,
Désireux de nouvelles réflexions, mais aucun reflet
Dans les cristaux ternis que tu caches, ne m’a rien dit.

J’ai ultérieurement abandonné ta grandeur polaire
Et me suis acheminé vers les chaudes terres du midi
Et, sous un boqueteau d’arbres touffus, à l’heure crépusculaire,
Mon sentier, surpris par l’ombre, sa route interrompit.

Là, à l’abri de ce groupe d’arbres sauvages, sur la brune,
Tu m’apparus, sous d’inconnues pour moi physionomies –
Toi, qui n’avais persisté dans cette froide commune
Toi – musique de la forme prenant son envol, Eurythmie !

Sous les arbres épanouis, sous mes pupilles interdites,
T’es résorbée dans le son, la ligne, la tonalité –
T’es répandue dans les choses, comme dans l’éternel mythe
S’épandait le Divin dans des argiles de courte durée.

Hélas, comme toute mon âme à moi aurait désiré
Avec tout le cercle de ton onde oblongue se dilater,
Traverser les éthers et – grandi et multiplié –
Se sentir vibrer dans des mondes qu’on ne saurait compter…

Et, à la tombée du soir, regardant vers le Nord,
Au moment où la pénombre sous l’horizon se réduit
Et le soir veut renvoyer un somnolent accord,
J’ai l’impression que tout ce dôme de glace s’amollit. 

Produs Port@Leu | ISSN 1842 - 9971